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Taittiriya Upanishad
La Taittiriya Upanishad porte le
nom de l'Aranyaka (texte sacré) auquel elle est rattachée
dans le Yajur Veda noir. Elle est divisée en 3 Vallis ("lianes"
ou sections):
1. La Siksa Valli (liane de la doctrine ou de l'instruction) couvre divers
préceptes et explications relatives aux Vedas, accompagnés
de prières et invocations.
2. La Brahmananda Valli (liane de la Félicité de Brahman)
introduit la connaissance intime de Brahma et énonce la doctrine
des enveloppes (Koshas) qui enveloppent l'âme individuelle (Atman).
Ces enveloppes concentriques (ou gaines) dissimulent la réalité
de l'Absolu (Brahman) à l'âme individuelle incarnée
(Jiva). La Brahmananda Valli décrit l'évolution spirituelle,
au fur et à mesure que le Jiva élimine successivement ces
Koshas, pour qu'à la fin il puisse expérimenter l'Atman.
3. Et enfin la Bhrigu Valli (liane de Bhrigu) qui porte le nom du disciple
auquel enseigne son père Varuna. Cette troisième section
exalte Brahma, le grand Tout, et couvre donc la connaissance du Soi Suprême
(Paramatma-Jnana).
Brahmananda Valli
II.1. [
] C'est de Brahma qu'est réellement sorti l'éther;
de l'éther qu'est sorti l'air; de l'air qu'est sorti le feu; du
feu les eaux; des eaux la terre; de la terre les plantes; des plantes
la nourriture; de la nourriture la semence; de la semence l'homme, car
l'homme est vraiment l'essence de la nourriture." Et c'est pourquoi
il est dit: "Cette tête (que je montre) est sa tête;
ceci est son bras droit; ceci est son bras gauche; ceci est son corps;
ceci est sa base.
II.2. Toutes les créatures qui vivent sur terre doivent leur existence
aux aliments. C'est par les aliments qu'elles subsistent, et c'est à
eux qu'elles retournent (au moment de leur mort); car les aliments sont
plus anciens que tous les êtres; c'est pourquoi la nourriture est
appelée l'herbe qui guérit et qui dompte la chaleur de toutes
les créatures.
Tous ceux qui adorent Brahma comme étant la nourriture obtiennent
tout nourriture, car la nourriture est la plus ancienne de toutes les
créatures. [
] De la nourriture sortent tous les êtres;
lorsqu'ils sont nés, ils grandissent par (l'effet de) la nourriture.
Elle est mangée par les créatures et elle mange toutes les
créatures
L'être humain s'identifie au corps physique, qu'il peut percevoir
et toucher. Selon la tradition yogique, ce point de vue est restrictif,
car notre être se compose de plusieurs couches ou enveloppes, appelées
Koshas. Le Jivatman (l'âme individuelle) interagit constamment avec
les cinq Koshas. On dit que quand les Koshas sont unifiés, il y
a unité avec le Soi.
Les 5 enveloppes qui entourent l'âme individuelle:
- Annamayakosha est la gaine de nourriture, le corps physique
- Pranamayakosha est la gaine de l'énergie vitale, le corps énergétique
- Manomayakosha est la gaine mentale
- Vijnanamayakosha est la gaine d'intelligence
- Anandamayakosha est le corps causal, ou gaine de félicité,
la dernière qui voile la véritable nature de l'âme.
Dans ce dernier verset, la Taittiriya Upanishad désigne Annamaya
Kosha comme l'enveloppe de nourriture, qui compose à elle seule
le corps physique ou corps dense. Constitué de matière,
il vibre à un taux assez lent, et peut être appréhendé
par les sens humains. Le corps est formé des cinq Bhuta ou éléments
principiels: la terre (par exemple les os), l'eau (le sang), le feu (la
chaleur du métabolisme), l'air (l'oxygène) et l'éther
(l'espace de manifestation). Le corps physique a besoin d'absorber et
d'assimiler ces cinq éléments sous forme de nourriture pour
rester en vie. Le corps physique, est le point de contact avec le monde
extérieur mais aussi l'Univers intérieur: la peau renferme
tous les Koshas.
II.2. (suite) Différente de cette première enveloppe qui
est comme l'essence de la nourriture, est une autre enveloppe intérieure
qui consiste en air vital. La première enveloppe est remplie par
celle-ci, laquelle ressemble à la forme de l'homme. [
]
II.3. Les dieux, les hommes et les animaux respirent; la respiration est
la vie de toutes les créatures; aussi l'appelle-t-on la vie (de
tous les êtres). Tous ceux qui adorent la respiration comme étant
Brahma, atteignent la dernière limite de la vie (c'est-à-dire
cent ans), car la respiration est la vie de toutes les créatures.
Cette vie elle-même est l'enveloppe incarnée de l'âme
nutritive
L'énergie vitale universelle (Prana) est principalement absorbée
dans l'air par la respiration. Pranamaya Kosha est l'enveloppe pranique
ou vitale. Prana, l'énergie y circule à travers la structure
des Nadi (canaux subtils ou méridiens). Prana est l'énergie,
la "pile" qui communique sa vitalité au corps. Sans Prana,
le corps est inerte et ne vit plus
La matière est énergie,
son taux vibratoire est seulement plus bas. Le corps pranique protège
le corps physique: ses faiblesses ont des conséquences sur les
autres plans, psychique et physique.
II.3. (suite) Différente de cette
âme, qui consiste en l'air vital, est une autre âme intérieure
qui consiste en l'esprit. Celle-ci remplit la première; elle ressemble
à la forme de l'homme. [
]
Manomaya Kosha est l'enveloppe mentale (ou de l'esprit). Elle est le siège
des émotions, de l'inconscient, de la mémoire, des conditionnements
et des instincts. Le tumulte des pensées du quotidien, les désirs,
les peurs, les sentiments, les émotions, occupent l'essentiel de
son activité. Manomaya Kosha est en perpétuelle effervescence
et en constant remaniement
Ses changements influencent les Koshas
inférieurs et ont une influence sur la perception des Koshas supérieurs.
Le mental est mû par les attractions et les répulsions (Raga-Dvesha).
Il déteste la souffrance qu'il cherche à éviter;
il se crispe par anticipation ou par répugnance, si la souffrance
est présence. Le mental est limité de par ses propres capacités,
ainsi que de par les organes de perceptions. Ses perceptions sont subjectives,
conditionnées et forcément inexactes.
II.4. Une personne qui connaît la
félicité de Brahma n'est jamais effrayée. Différente
de l'âme qui consiste de l'esprit, est une autre (âme) intérieure,
qui consiste en l'intelligence (la science). C'est celle-ci qui remplit
la première; elle ressemble à la forme de l'homme [
]
II.5.La connaissance arrange le sacrifice et elle arrange aussi les uvres
(les actions). Tous les dieux adorent comme leur âme le Brahma qui
est la connaissance. Une personne qui connaît la science comme étant
Brahma et qui ne s'en écarte pas, jouit de tout ce qu'elle désire
après qu'elle a abandonné tous les désirs inhérents
au corps
Vijnanamaya Kosha, l'enveloppe d'intelligence, de conscience ou d'intuition,
vibre à une fréquence subtile. Parvenu à ce stade
de conscience, le Yogi expérimente un niveau de connaissance supérieur.
Vijnanamaya Kosha contient en lui Ahamkara et Buddhi. Ahamkara est le
principe de l'individuation, le sens du "je".
L'ego induit un état de manque (résultat de la dualité)
et d'insatisfaction; il utilise le mental, pour arriver à ses fins.
Buddhi ("faculté d'éveil") est le lieu où
se localise la conscience, qui permet de transcender le mental. Le raisonnement
rejoint l'intuition, dans le discernement. Ce n'est pas encore la béatitude,
mais une certitude consciente.
La sphère psychique contient de
très profonds conditionnements, liés aux Karmas et aux Samskaras
(impressions laissées dans la conscience). En accumulant des Karmas,
l'âme individuelle (Jivatman) se lie aux enveloppes (Koshas) et
au cycle des Morts et des Renaissances (Samsara).
En évoluant spirituellement, il devient de plus en plus conscient
des plans subtils et de l'existence de ses propres Koshas. Il se donne
l'opportunité de sortir de ce cycle perpétuel.
Différente de cette (âme)
qui est la science, est une autre (âme) intérieure qui consiste
en la félicité. Elle ressemble à la forme de l'homme
[
]
Anandamaya Kosha est la cinquième, et dernière enveloppe,
qui est aussi la plus subtile, tout à l'intérieur du Jivatman.
Il est le corps causal (Karana Sharîra), ou enveloppe de félicité.
Il est aussi le siège de l'âme, l'enveloppe de Félicité
(Ananda). Anandamaya Kosha porte en lui la semence, la cause du corps
physique et du corps subtil, qui pousse l'âme à s'incarner.
Ce corps est le plus proche du Divin mais reste un voile, une illusion,
qui sépare le sage de la réalisation ultime qui implique
le renoncement le plus total, même à l'enveloppe de félicité
A ce niveau de conscience, l'être est empli de béatitude,
il expérimente le Samadhi, un état de conscience différent,
transcendantal. L'expérience d'Ananda est au-delà du temps
et de l'espace, au-delà des paires d'opposés, au-delà
de tout concept.
II.6. Suite à cet enseignement, le disciple se demande ce qu'il
advient de l'âme de l'ignorant et de l'âme du sage (qui connaît
Brahma) au moment de la mort.
Le Brahman forma le désir de se multiplier, accomplit des austérités,
puis créa tout ce qui existe. Lorsqu'il eut créé,
il y entra. Quant il y fut entré, il fut doué de forme et
dépourvu de forme, défini et non défini, avec base
et sans base, doué de science et dépourvu de science, vrai
et non vrai, tout ce qui était vrai (dans l'absolu), et c'est ainsi
qu'il fut appelé le véridique.
II.7. Il était avant la créature, le non-existant. De lui
est sorti tout ce qui existe. [
] Si cette félicité
n'était pas présente dans l'éther (du cur),
qui donc pourrait vivre? Qui pourrait respirer? Car c'est Lui (l'Esprit
Suprême) qui remplit du bonheur. Quand le sage place son point d'appui
en Lui [
], il obtient d'être affranchi de toute crainte. Quand
l'ignorant fait en Lui un petit trou, alors il Le craint. [
]
II.8. (en résumé) La joie, la félicité, que
connaît celui qui a étudié Brahma et qui est exempt
de désirs est la plus grande qu'il soit donné d'expérimenter.
II.9. (en résumé) Celui qui connaît la félicité
de Brahma ne craint plus rien, car il a conscience de l'unité derrière
l'apparence dualité des choses.
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Brahmananda Valli (Liane sur la félicité en Brahman)
Om ! Puisse-t-Il nous protéger tous deux !
Puisse-t-Il nous nourrir tous deux !
Puissions-nous tous deux acquérir une grande énergie.
Que notre étude soit brillante !
Que nous ne nous disputions pas !
Om ! Shanti ! Shanti ! Shanti !
Om ! Paix ! Paix ! Paix !
Chapitre i : Annamaya Kosha (1), la gaine alimentaire
1 Kosha : " gaine, enveloppe, fourreau " - L'individualité
humaine, le jiva, est composé de 5 koshas (pancha koshas), fourreaux
ou gaines constituant les enveloppes superposées dont est fait
le corps, tant physique que subtil. L'âme incarnée (jiva)
fonctionne simultanément dans les divers plans ou niveaux d'existence
par l'intermédiaire de ces koshas. Par ordre de subtilité
croissante :
1) annamaya kosha, ou gaine anatomique de la nourriture; forme le sthula
sharira, le corps physique.
2) pranayama kosha, gaine physiologique comprenant l'appareil respiratoire
et les systèmes du corps; le corps éthérique.
3) manomaya kosha, gaine psychologique concernant la conscience, les sentiments
et les motivations qui ne proviennent pas d'expériences subjectives;
le corps kama-manasique ou corps astral et mental inférieur.
4) vijnamaya kosha, ou gaine intellectuelle concernant les processus de
raisonnement et de jugement qui proviennent d'expériences subjectives;
le corps mental supérieur.
2), 3) et 4) forment le sukshuma sharira, le corps subtil;
5) anandamaya kosha, ou gaine spirituelle de la joie; forme le karana
sharira, le corps causal.
II-i-1: Om ! Le Connaisseur de Brahman atteint au Suprême. Voici
un verset qui exprime ce fait : " Quiconque connaît Brahman,
qui est Vérité, Connaissance et Infinité, qui réside
dans l'akasha subtil (cf. shloka I-iii-1) et se trouve occulté
dans la cavité du cur (cf. shloka I-vi-1-2), quiconque s'identifie
à l'omniscient Brahman, jouit simultanément de toutes choses
désirables. "
De l'Atman (cf. shloka I-x-1) naquit l'akasha. De l'akasha naquit l'air;
de l'air, le feu; du feu, l'eau; de l'eau, la terre; de la terre, les
végétaux; des végétaux, la nourriture; et
de la nourriture, l'homme. Cet homme, tel que nous le connaissons, est
véritablement un produit de l'essence de cette nourriture. Certes,
ceci est sa tête, cette aile droite est son bras droit, cette aile
gauche est son bras gauche, ce corps est son tronc, et cette queue est
son corps à partir du nombril.
Chapitre ii : Pranayama Kosha,
la gaine d'énergie vitale
II-ii-1: À ce propos, le verset suivant est clair : "
En vérité, c'est de la nourriture que sont nées toutes
les créatures qui peuplent cette Terre. De plus, c'est uniquement
par la nourriture qu'elles subsistent et, à leur mort, elles retournent
à cette terre nourricière. En vérité, c'est
bien la nourriture qui fut la première à exister avant toute
créature, aussi est-il juste de l'appeler la panacée universelle.
" Ainsi que celui-ci : " Ceux qui ont pour la nourriture la
même vénération que pour Brahman, obtiennent de la
nourriture en abondance. La nourriture est l'aînée de tout
ce qui fut créé, et c'est à ce titre qu'on l'appelle
la panacée universelle. Toutes les créatures sont nées
de la nourriture; une fois nées, elles subsistent grâce à
la nourriture. Par le fait qu'elle est absorbée par les créatures
vivantes et qu'elle aussi s'en nourrit à son tour, on l'appelle
la nourriture. (sic !) "
En vérité, différent de ce soi qui consiste en l'essence
de la nourriture, bien que situé à l'intérieur de
la gaine de celui-ci, se trouve un autre soi intérieur qui, lui,
est fait de souffle, d'énergie vitale (prana). Oui, c'est par lui
qu'est remplie la gaine de nourriture. Et ce Soi possède également
la forme humaine, calquée sur celle de la gaine de nourriture.
Prana, le souffle vital, l'inspir, est bel et bien sa tête; vyana,
la rétention, est son flanc droit; apana, l'expir, est son flanc
gauche; l'akasha, l'espace-air, est son tronc; la terre est ses membres
inférieurs et son support.
Chapitre iii : Manomaya Kosha,
la gaine mentale
II-iii-1: À ce propos, le verset suivant est clair : "
Les sens et la conscience vivent grâce à l'énergie
vitale qu'inhale la bouche; tous les êtres humains et les animaux
sont similaires sur ce point; et puisqu'en le prana réside la vie
de toute créature, on l'appelle la vie universelle. Ceux qui rendent
un culte au prana en tant que Brahman, atteignent la longévité
maximale d'une vie humaine. Oui, puisqu'en le prana réside la vie
de toute créature, on l'appelle la vie universelle. "
En vérité, différent de ce soi qui consiste en l'essence
de l'énergie vitale, bien que situé à l'intérieur
de la gaine de celui-ci, se trouve un autre soi intérieur qui,
lui, est fait de conscience, de matière mentale, manas (1). Oui,
c'est par lui qu'est remplie la gaine d'énergie vitale. Et ce Soi
possède également la forme humaine, calquée sur celle
de la gaine d'énergie vitale. Les mantras du Yajur Véda
sont bel et bien sa tête; ceux du Rig sont son flanc droit; ceux
du Sama, son flanc gauche; la portion des Védas portant le nom
de Brahmanas (2) est son tronc; les mantras "vus" par Atharvangiras,
le Rishi (cf. shloka I-vii-1), sont ses membres inférieurs et son
support.
1 Manas : " le mental, la conscience individuelle ", caractérisé
par le doute/l'ignorance, et dont le fonctionnement est purement instinctif;
la perception sensorielle, la conscience qui est présence au monde.
On le considère ésotériquement comme le mental inférieur
(buddhi étant le mental supérieur, avec sa capacité
d'abstraction et ses perceptions sublimées et subtiles), siège
de la conscience instinctive, qui fonctionne en corrélation étroite
aux jnanendriyas, les organes sensoriels, et karmendriyas, les organes
moteurs. Manas est le mental indiscipliné, purement empirique (esprit
pratique et visées concrètes), dont les caractéristiques
essentielles sont : le désir et son contraire, la détermination
et son contraire, la foi et son contraire, la fermeté et son contraire,
la vanité et la honte, l'intellect pratique et, last but not least,
la peur ! En tant que faculté, Manas est l'expression du manomaya
kosha, le corps kama-manasique ou mental inférieur (cf. Manas chitta
et Chitta).
2 Brahmana : un texte liturgique védique, expliquant le rituel
prescrit par les samhitas (recueils d'hymnes védiques); manuel
d'instructions rituelles.
Chapitre iv : Vijnamaya Kosha,
la gaine de l'intellect
II-iv-1: À ce propos, le verset suivant est clair : "
On n'est plus assujetti à la peur dès lors que l'on connaît
cette félicité qu'est Brahman. Sur elle, les mots et la
pensée qui les accompagne, impuissants à l'atteindre, font
ricochet. "
En vérité, différent de ce soi qui consiste en l'essence
de la matière mentale, bien que situé à l'intérieur
de la gaine de celui-ci, se trouve un autre soi intérieur qui,
lui, est fait d'intellect, de connaissance valide, vijnana (1). Oui, c'est
par lui qu'est remplie la gaine mentale. Et ce Soi possède également
la forme humaine, calquée sur celle de la gaine mentale. La foi
est bel et bien sa tête; la rectitude du dharma (cf. shloka I-xi-1)
est son flanc droit; le respect de la vérité, son flanc
gauche; l'absorption du samadhi (2) est son tronc; le principe originel,
Mahat (3), est ses membres inférieurs et son support.
1 Vijnana : l'intellect. Synonyme de buddhi. Connaissance, sagesse, réalisation,
sont les trois caractéristiques de vijnana. Ce mot désigne
aussi une connaissance profane obtenue par des expériences terrestres
par opposition à la connaissance du Brahman ou Esprit suprême.
Vijnanamaya Kosha est le jnanamaya kosha, la gaine de l'intellect, buddhi,
qui enveloppe l'Âme et concerne les processus de raisonnement et
de jugement provenant d'expériences subjectives.
2 Samadhi : état d'union avec le Dieu personnel (Ishvara) ou d'absorption
dans le Dieu impersonnel (Atman ou Brahman), la conscience étant
extraordinairement vigoureuse, avec une certitude d'omniscience, s'accompagnant
d'un sentiment de joie et de paix indicibles. C'est la 8ème et
dernière étape du Yoga; l'esprit s'identifie avec l'objet
médité : méditant et objet de méditation,
penseur et pensée fusionnent dans cette absorption extatique de
l'esprit. On distingue 2 degrés de samadhi: - le savikalpa samadhi,
où l'aspirant conserve le sentiment de dualité; - le nirvikalpa
samadhi, où toute différenciation est exclue. On distingue
également entre Samprajñata samadhi et Asamprajñata
samadhi.
3 Mahat : 1) le premier-né; le germe originel non évolué
du principe créateur d'où sont issus tous les phénomènes
du monde matériel. 2) l'Intelligence cosmique, selon le Samkhya,
à distinguer de manas, l'intellect abstrait et concret; le 2ème
des 25 éléments ou tattvas dénombrés par le
Samkhya; 3) synonyme de Hiranyagarbha, selon le Védanta.
Chapitre v : Anandamaya Kosha,
la gaine spirituelle (de félicité)
II-v-1: À ce propos, le verset suivant est clair : "
C'est la connaissance de l'intellect qui accomplit les sacrifices, c'est
elle qui accomplit tous les devoirs, tous les actes. Toutes les divinités
rendent hommage à cette connaissance, qui apparut en premier, qui
est Brahman, en vérité. " Ainsi que celui-ci : "
Celui qui connaît au moyen de la pure connaissance de Brahman, et
jamais ne s'en écarte, celui-là abandonne tous ses péchés
avec son corps et jouit, en plénitude et en abondance, de toutes
jouissances. "
En vérité, différent de ce soi qui consiste en l'essence
de l'intellect, bien que situé à l'intérieur de la
gaine de celui-ci, se trouve un autre soi intérieur qui, lui, est
fait de félicité, ananda. Oui, c'est par lui qu'est remplie
la gaine de l'intellect. Et ce Soi possède également la
forme humaine, calquée sur celle de la gaine de l'intellect. La
joie est bel et bien sa tête; le plaisir est son flanc droit; le
délice, son flanc gauche; la félicité est son tronc;
Brahman est ses membres inférieurs et son support.
Chapitre vi : Brahman, source
de la Totalité
II-vi-1: À ce propos, le verset suivant est clair : "
Quiconque connaît Brahman comme non-existant, devient lui-même
non-existant. Mais quiconque connaît Brahman comme réellement
existant, alors il est lui-même réellement existant, et comme
tel on le considère. "
Et c'est là le Soi incarné dans la gaine de félicité
vue précédemment. À son propos, les disciples posent
les questions suivantes : " Après son départ d'ici-bas,
l'homme ignorant va-t-il vers la source, ou non ? Ou à l'inverse,
l'homme qui sait, atteint-il la source, ou non ? "
À la source, Brahman, le Soi, délibéra : " Que
Je devienne multiplicité, et que Je prenne naissance. " Il
attisa le feu de Sa détermination (1), puis Il entreprit la création
de tout ce qui existe - Il créa l'univers. Puis, l'ayant créé,
Il pénétra en toute chose qui existait. Et ayant pénétré
la totalité, Il devint le manifesté et le non-manifesté,
les formes et l'informe, le défini et l'indéfini, ce qui
est avec support et ce qui est sans support, ce qui est intelligent et
ce qui est sans intelligence, oui, Il créa le réel et l'irréel.
Satya, la vérité (2), devint ainsi tout ceci qui existe;
c'est pourquoi l'on appelle Brahman, le Véridique, source de la
Vérité.
1 Tapas : 1) chaleur; 2) le principe essentiel de l'énergie de
la conscience; 3) toute forme d'activité énergique où
la conscience agit avec force sur elle-même ou sur son objet; ascèse,
pratiques spirituelles ardentes.
2 Satya : " vérité " - 1) véracité,
sincérité; 2) vérité ontologique (ce qui est
- cf. rita); la Vérité éternelle. Satyaloka est le
Plan de la Réalité Absolue, aussi appelé Brahmaloka,
correspondant au sahasrara chakra. Cf. Loka.
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