La
chronologie des niveaux.
Temps 'objectif'.
Le développement
du corps physique commence dans l'utérus, lors de la formation
de l'embryon et ne se termine vraiment qu'au moment de la mort. La phase
de croissance se termine vers 25 ans mais le métabolisme poursuit
évidemment sa route par la suite. S'il y a bien une phase de
développement de la conscience, au tout début de la vie,
pendant laquelle la conscience est intimement associée au développement
physique (du développment foetal à la phase orale), graduellement
les autres dimensions expérimentales viennent s'ajouter à
la première, sans pour autant en interrompre la dynamique propre.
Le développement
émotionnel apparaît après quelques mois et poursuit
sa route parallèlement au développement physique. Les
premières années de la vie marquent d'une empreinte particulièrement
profonde la personnalité de l'enfant. Arrivé à
l'âge adulte, une certaine maturation émotionelle tend
à stabiliser les expériences émotionelles dans
des cadres socialement, religieusement ou "politiquement"
corrects. Seul des moments forts viennent perturber cet équilibre
(mariage, séparations, maladies, décès,...). Il
faut noter que la dimension émotionelle transcende, intègre
et opère sur le corps physique comme nous l'expliquerons plus
loin.
Le développement
des facultés mentales émerge rapidement avec la faculté
de reconnaître des images, d'y apposer des symboles (les mots),
de créer des règles liant les mots, d'utiliser les concepts
ainsi définis pour manipuler des meta-concepts abstraits de plus
en plus complexes. Cette ligne de développment cognitive à
été particulièrement étudiée et commentée
par Piaget. Arrivé à l'âge adulte 25 - 30 ans l'apprentissage
théorique laisse la place à la vie active dans nos sociétés
occidentales, avec un nouveau type d'apprentissage conceptuel pratique.
Ici aussi le mental transcende, intègre et opère sur l'émotion.
Le modèle dans lequel des niveaux d'une complexité et
d'une finesse de plus en plus grandes, contenant et opérant sur
les précédents, fut désigné par le terme
de théorie des Holons par Arthur Koestler. Mais on notera que
l' Isa Upanishad définissait dejà ce modèle il
y de cela plusieurs millénaires en expliquant la théorie
des emboitements successifs.
Notre
société ne propose pas vraiment de système d'éducation
d'éveil et d'apprentissage aux deux autres niveaux transmentaux,
le subtil et le causal. Si la religion occupe une place importante en
occident, c'est plus souvent au titre de ciment social. Peu de religions
offrent des structures d'enseignement ou de pratiques permettant de
transcender le mental.
Dans
certaines civilisations orientales, ces étapes d'apprentissage
et d'exploration des niveaux de conscience transpersonnels et transmentaux
faisaient partie du schéma de développement culturel normal.
Et même si seule une petite partie de la population poursuivait
ou accédait à la connaissance et à l'expérience
de ces dimensions, cet objectif correspondait à un but social
reconnu et acceptable. La période 25-50 ans, correspondant à
la phase de vie sociale active, s'accompagnait d'un enracinement dans
le subtil, et la période de la retraite, après 50 ans
à celle de l'immersion dans le causal et le non duel.
Temps subjectif
La perception subjective du temps dépend du niveau de conscience.
Lors de la phase de conscience corporelle (N1), il n'y a pas encore
de perception du temps. Pendant la phase N2 le temps est perçu
comme un présent ininterrompu. Pendant la phase N3 (mental) le
temps est perçu linéairement (présent, passé,
futur). Phase N4, en entrant dans l'expérience du subtil, le
temps est à nouveau vécu comme un présent constant
(ici et maintenant). Au niveau N5 l'expérience du temps disparaît
(atemporalité). N6 : plus de différence entre expérience
et conscience (atemporel).
